Interview Julien J, Ingénieur Matériaux et Surfaces

Interview Julien J, Ingénieur Matériaux et Surfaces

Julien J, est Ingénieur "Matériaux et Surfaces". Il nous accorde une interview, et nous dévoile son parcours scolaire, son métier, ses perspectives d'avenir.

06 Mars 2012 | Romain Proton | 0 commentaire

Interview Julien J, Ingénieur Matériaux et Surfaces

 

Pourquoi êtes vous devenu ingénieur ?

JJ : Je suis devenu ingénieur matériaux par goût des sciences et techniques, de l’innovation et de leur mise en œuvre concrète dans la vie de tous les jours.

 

Quelle formation avez vous suivi ? Qu'en avez vous pensé ?

 

 

 

JJ : A l’issue d’une classe préparatoire PCSI / PSI, j’ai intégré l’ISTIL (nouvellement Polytech’Lyon) et sa filière « Matériaux & Surfaces ».

J’ai trouvé à l’ISTIL une formation d’un très bon niveau scientifique et technique, complétée d’une composante SHS (droit, PI, gestion de projets, etc.) intéressante.

Pour finir, j’ai trouvé à l’ISTIL une ambiance de travail agréable, une grande diversité dans les profils des élèves (DUT, Licences, Classes Prépa, etc.) et une importante activité associative.

 

 

 

Comment s’est passé votre intégration professionnelle au cours de vos études ? 

JJ : Au cours de mes études, j’ai été amené à réaliser trois stages différents, un par an :

  • Un stage ouvrier d’un mois en 1ère année, qui m’a permis d’appréhender (autant qu’un stage d’un mois le permet, bien sûr) la réalité de la production industrielle, de son organisation, de son rythme, ses problématiques techniques, humaines, etc. Ce type de stage me semble particulièrement important, car outre qu’il constitue pour beaucoup une première immersion dans le monde du travail, il permet à des futurs ingénieurs de mieux connaître les gens qu’ils pourront être un jour amenés à encadrer.
  • Un stage de recherche de 2 mois en 2ème année, au sein d’un laboratoire universitaire. Ce stage m’a permis d’approcher le monde de la recherche scientifique et de me rendre compte des importantes différences de philosophie, d’organisation, de rythme et de moyens qui existe entre ce monde et le secteur privé.
  • Un stage de fin d’études de 6 mois en 3ème année, que j’ai choisi de réaliser en milieu académique à l’étranger  Outre l’aspect scientifique et technique, ce stage a été pour moi une énorme opportunité de découvrir une culture, une langue, un pays que je ne connaissais pas et qui s’est révélé très différent de ce à quoi je m’attendais et m’a en ce sens ouvert davantage au monde qui m’entoure.

 

Présentez-nous votre spécialité ?

JJ : Ma spécialité est orientée « Matériaux et Surfaces » :

  • Elaboration et transformation des métaux, polymères, verres et céramiques,
  • Techniques d’analyse, de caractérisation et de traitements de surfaces,
  • Propriétés optiques, physico-chimiques, mécaniques, et électromagnétiques des matériaux
  • Nanotechnologies, adhésion / collage, contrôle non destructif, électrochimie, etc.

 

En quoi consiste votre métier au quotidien ?

JJ : Depuis ma sortie de l’école je n’ai en fait jamais exercé le métier d’ingénieur. Je me suis tourné vers l’innovation, la R&D, mais de manière transversale via le conseil :

  • Conseil en financement de l’innovation : (échelle nationale / européenne)
    • Dispositifs fiscaux (aides indirectes) - Accompagnement de sociétés (de la TPE au groupe transnational) dans leurs démarches de mise en place des dispositifs Jeune Entreprise Innovante et Crédit d’Impôt Recherche  (identification et valorisation des dépenses de R&D, rédaction de dossiers techniques justificatifs, accompagnement en contrôle fiscal),
    • Dispositifs de subventions (aides directes) - Ingénierie de projets de R&D collaboratifs (ANR, OSEO, 7ème PCRD, etc.) : accompagnement au montage de projets de 3 à 25 partenaires, de 3 à 15 M€ de financement (constitution de partenariats R&D public/privé, rédaction de dossier de subvention et d’éléments budgétaires, etc.,
    • Intelligence : définition de partenariats technologiques, de stratégie de financement, etc.
  • Conseil en création d’entreprises innovantes issues de la recherche publique (ou en valorisant directement les résultats) : (échelle régionale PACA)
    • formalisation du projet, aide à la rédaction de plan d'affaire,
    • recherche de financement R&D et création (OSEO, ANR, PRCE, dispositifs locaux, etc.), mise en place des dispositifs CIE / JEI-JEU,
    • mise en place de partenariats académiques et négociation des contrats de licence de PI, etc.

Qu'est ce qui vous plait le plus dans votre métier ?

  • Le contact au jour le jour avec des gens d'horizons très différents (entrepreneurs & dirigeants, chercheurs, ingénieurs & techniciens, comptables, conseils en PI, financeurs, institutionnels, etc.)
  • une vision transverse des problématiques du milieu académique et des PME en termes de recherche, d'innovation, et de ressources (humaines & financières)
  • le contact quotidien avec les sciences et l'innovation, dans un cadre ancré dans la réalité économique.

 

Quelles sont vos perspectives de carrières ?

JJ :  Je pense pouvoir poursuivre ma carrière, en France ou à l’Etranger, soit :

  • dans le conseil, au sein de structures privées ou institutionnelles / parapubliques, car les entreprises auront toujours besoin d’experts apportant des compétences transverses et un regard externe, neuf sur leurs activités ;
  • dans l’industrie, au sein de la direction R&D d’un grand groupe ou d’une grosse PME technologique, en soutien aux personnels techniques.

 

Quels conseils pourriez-vous donner à un étudiant/lycéen qui souhaite devenir ingénieur ?

JJ : Il ne faut pas choisir cette voie par défaut, uniquement parce qu'on a de « bonnes notes » et qu'on nous pousse à faire des études, mais sans finalité.

Il faut être réaliste par rapport à sa future place dans l'entreprise,  son salaire et ses responsabilités à l'embauche : pendant tout le cursus scolaire, on nous donne des chiffres de salaire, des parcours théoriques, qui ne sont depuis bien longtemps plus en cohérence avec la réalité du marché du travail.

Beaucoup trop de futurs ingénieurs s'imaginent occuper un poste de management à très court terme. Il faut qu'ils gardent en tête qu'ils sont d'abord ingénieurs, donc en charge de la réalisation de tâches techniques, et qu'ensuite, ils intègrent un écosystème dans lequel d'autres personnes, plus expérimentées, seront prioritaires pour les évolutions de postes.

 

 

Quelles sont les qualités nécessaires pour devenir ingénieur ? Quel est le profil ?

  • JJ: Avoir un goût pour les sciences et pour les défis techniques
  • Un niveau scolaire suffisamment élevé dans les matières scientifiques, ce qui paraît évident, mais également un très bon niveau en culture générale (certains s’imaginent former l’« élite » de demain alors qu’ils ne maîtrisent qu’à grand peine leur langue maternelle, sans parler du faible intérêt qu’ils semblent porter au monde dans lequel ils vivent et aux gens qui les entourent…)
  • Une certaine ouverture d’esprit, une grande curiosité et une bonne dose d’humilité
  • La maîtrise d’une langue étrangère au minimum

 

Quels sont les défis pour les ingénieurs au XXIème siècle ?

  • Maintenir un très bon niveau scientifique et technique, tout en acquérant de plus en plus de compétences transverses (managériale, finance, PI, etc.), se maintenir au top par la formation  (technique) et la veille technologique, afin de ne pas se faire distancer dans la « compétition » 
  • Apporter une plus grande importance à l'innovation, prendre des risques et entreprendre ;
  • En termes de défis techniques, on peut voir très large : l'environnement (éco-conception, collecte & traitements/valorisation des déchets, traitement de l'eau, etc.), l'énergie (efficacité énergétiques, production d'énergie (fossiles, nucléaires, renouvelables, etc.), les transports (rapidité, efficacité, consommation énergétique), les technologies de l'information et de la télécommunication (réseaux, etc.), la santé (vieillissement, maladies, dispositifs médicaux, etc.) et la connaissance (capitalisation des savoirs, protection de la PI, formations, etc.).

 

Quels sont les secteurs porteurs en 2012 ?

 

JJ: A ma connaissance, il y a actuellement un  besoin très important dans le domaine de l’innovation et de la R&D, principalement dans les secteurs :

  • informatique/électronique (les grosses SSII aspirent littéralement des promos entière, laissant peu de profils pour les PME), en lien avec les NTIC en particulier mais également de manière transverse à tous les secteurs ;
  • de l'environnement, de l'énergie et des transports.

 

 

Pouvez-vous nous donner une fourchette de salaire selon l'expérience? 

  • Sortie d’école : les salaires peuvent être très variables en fonction des secteurs (pénurie ou excès de profils disponibles) et du profil du candidat (ses formations et compétences techniques mais également son savoir-être). A mon expérience, la fourchette est de 25 000 – 33 000 € bruts annuels ;
  • Junior : 33 000 – 37 000 bruts annuels ;
  • Sénior : 37 000 – 60 000 (experts, direction technique) bruts annuels.

 

Quel est la place des femmes dans le métier d'ingénieur ?

Même si la technique a toujours été un milieu masculin, les femmes y ont toute leur place. Elles apportent une approche et une perception complémentaires des problématiques

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