Les femmes et le numérique : interview de Marine Deffrennes l'optimiste

Les femmes et le numérique : interview de Marine Deffrennes l'optimiste

Ancienne directrice de la rédaction de Terrafemina.com, Marine Deffrennes crée aujourd’hui sa propre entreprise (un magazine en ligne dédié aux jeunes et futures mamans, baptisé "Les Louves"). Dans le cadre de la sortie de son livre en mars 2014 "Elles ont réussi dans le digital" aux éditions Kawa, Marine Deffrennes a répondu aux questions de digiSchool.

27 Octobre 2014 | Romain Proton | 0 commentaire

Marine Deffrennes

Passionnée d’écriture et de journalisme, Marine Deffrennes aime écrire sur les sujets de société et sur la révolution digitale. Originaire de Lille, diplômée d’un DEA de littérature à Paris 4 Sorbonne, Marine Deffrennes s’est intéressée aux femmes qui ont réussi dans le digital : chefs d’entreprises, développeuses, directrices marketing, etc. 

Pour digiSchool et dans le cadre de la semaine consacrée aux femmes ingénieures, Marine Deffrennes revient avec nous sur ces femmes ingénieures, symboles de réussite et porteuses d’espoirs pour toutes les jeunes filles qui hésitent encore à se lancer dans des études d’ingénierie et plus particulièrement dans le secteur du numérique.

Quel a été le déclic pour écrire ce livre ?

Lorsque je travaillais chez Terra Femina, j’ai eu l’occasion de rencontrer beaucoup d’entrepreneuses. Or un constat m’a sauté aux yeux : la plupart des entrepreneuses étaient peu visibles par rapport aux hommes. Pire, seule une entreprise innovante sur 10 était créée par une femme. Il existe un cruel manque de femmes ingénieures en France aujourd’hui. 

Beaucoup de jeunes femmes n’ont en effet pas conscience qu’il est possible de trouver de super boulots dans le numérique. C’est ce réel manque de prise de conscience qui m’a incité à retracer le parcours et les trajectoires brillantes des femmes ayant réussi dans le digital. 

 

Quel en est l'objectif ?

L’objectif est de mettre en avant des parcours de femmes qui ont osé se lancer et qui ont réussi dans le petit cercle très fermé (et très masculin) des leaders du digital français. Au total, se succèdent une quarantaine de courts portraits, qui prouvent que, bien souvent, quand on se lance, ça paye. 

J’espère que ce livre incitera les jeunes filles à se tourner vers des formations digitales et qu’elles se rendront compte qu’il y a beaucoup de choses à faire du coté business comme du côté technologie.

 

 

Aucune école ne m’a encore contacté pour que je présente mon livre aux étudiantes. Mais ce projet me plairait énormément. Pourquoi ne pas écrire un livre à destination des lycéennes séduites par les sciences et les technologies mais qui n’osent pas se lancer par peur ou par manque de confiance. J’envisage également de mener des initiatives au sein des écoles et notamment une exposition photos dans les locaux de quelques grandes écoles d’ingénieures. L’idée est d’afficher les portraits de quelques femmes du numérique d’Olivier Ezratty (qui a notamment réalisé les portraits des femmes de mon livre).

 

Les femmes dont vous dressez le portrait ont-elles toutes fait des écoles d'ingénieurs ? 

Sur les 32 portraits présentés dans mon bouquin, les femmes ayant fait une école d’ingénieurs sont minoritaires. Elles sont 10. Voici en quelques mots leur parcours :

 

  • Natacha Huguet-Millot, DG et responsable informatique de Curioos.

IUT Informatique en 2008

Ecole d’ingénieur Supinfo Paris en 2011

 

  • Sophie Dingreville, Partner chez Iris Capital

Telecommunications Engineering Degree, Telecom Paris Tech, Major in Digital Image Processing (1005)

Pre-PhD in Digital Image Processing. Universidad Politecnica de Madrid – Escuela Tecnica Superior de Telecomunicaciones (1996)

 

  • Audrey Neveu, développeuse logiciel Java chez SFEIR, à l’origine du projet Programatoo

Diplôme d’ingénieur logiciel, AFPA Rouen (2010)

 

  • Aline Paponaud, développeuse logiciel chez Sfeir, team leader, à l’origine du projet Programatoo

Diplôme d’ingénieur informatique et réseaux, ESISAR (Valence), Grenoble INP (2007)

 

  • Valérie Samuel, fondatrice de Reward Process

MIAGE, Maîtrise d’informatique appliquée à la gestion (1988)

 

  • Samantha Pastour, PDG Repar’tout

DUT Services et réseaux de communication (1997)

Maîtrise Information, communication et documentation, Paris X (1999)

Master Intelligence Scientifique, technique et économique, ESIEE (2000)

 

  • Céline Lazorthes, PDG de Leetchi.com

Ecole pour l’informatique et les techniques avancées (2003)

Master IT Project management, Institut national du multimédia (2007)

Master Digital Business Strategy, HEC (2008)

 

  • Justine Ryst, Directrice du développement, Twitter France

Ecole Centrale Paris (1989)

 

  • Delphine Ernotte-Cunci, Directrice exécutive Orange France

Ecole Centrale Paris (1989)

 

  • Stéphanie Tramicheck, Directrice France de Pinterest

Master Sciences et ingénierie des télécommunications, Ecole nationale supérieure des Télécommunications (1996)

 

Quels conseils donneriez-vous à des jeunes filles souhaitant faire carrière dans le digital ?

Je leur dirai de ne pas se mettre de barrière, de ne rien s’interdire. Il faut oser entreprendre et créer. Elles peuvent par exemple aller voir des incubateurs, visiter des start-up, rencontrer des entrepreneurs afin de se rendre compte à quel point le secteur du numérique est génial et qu’il y a encore tout à créer. Tout reste à faire dans le domaine du digital. Chaque jour, chacun apprend de l’autre et chaque jour il faut revoir ses croyances et remettre en questions ses acquis.

Le numérique évolue si rapidement que personne ne sait rien dans ce secteur. Il est possible de faire ses premiers pas dans le digital lorsqu’on est une femme et même de réussir ! Il existe encore tellement de niches à exploiter. Il suffit d’être curieux et de s’intéresser à ce qu’il se passe autour de nous. Le numérique est un espace de créativité et de liberté où tout le monde débute.

C’est un secteur très dynamique, où le sentiment de frustration lié à la crise n’existe pas. Les créations d’emploi se multiplient. Tout est possible dans le numérique !

Enfin, le numérique est encore un domaine tout nouveau, où le machisme n’a pas encore pu s’installer. C’est un terrain encore vierge de stéréotype, c’est donc vraiment dommage que les femmes ne soient pas plus visibles dans ce secteur. Surtout que la flexibilité permise par les outils numériques permet par exemple de travailler en télétravail et donc d’allier vie privée et vie personnelle. 

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